Exclu - Moi Michel G, Milliardaire, Maître du monde

Publié le par GeeKonTunes

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A l'heure du néo-capitalisme, de la survie par tous les moyens possibles et inimaginables, il est plaisant de voir des films, des cinéastes qui osent bouleverser, un tant soit peu, les codes de la mise en scène. Avec son nouveau long-métrage, Moi Michel G, Milliardaire, Maître du monde, Stéphane Kazandjian ne révolutionne pas le cinéma, mais à le mérite de prendre un parti pris que l'on aimerait voir plus souvent. 

 

Le pitch? Nous suivons Joseph Klein (Laurent Lafitte), grand reporter gauchiste "qui peine à jouir" qui souhaite, coûte que coûte, réaliser un reportage sur Michel Ganiant (François-Xavier Demaison) un mania du CAC 40. Tout d'abord réticent, ce dernier finit par accepter et voit dans ce reportage une manière de redorer son blason et de prôner la transparence auprès des actionnaires, du public, de la presse.

 

 

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C'est sous une forme de faux documentaire journalistique que nous allons suivre Joseph Klein et Michel Ganiant dans son quotidien et notamment dans son ascencion au rachat d'une entreprise. D'entrée de jeu, le réalisateur nous embarque dans cette aventure et je dois dire que le voyage est plutôt agréable. Certes, il y a cette esthétique du reportage, c'est-à-dire caméra épaule, impression de pris sur le vif etc... Ce que nous voyons réellement c'est le produit fini, un premier montage du reportage. En effet, au début du film, Joseph Klein nous raconte son périple et comment il en est venu à faire un reportage sur Michel Ganiant. L'action se déroule dans une salle de montage. Alors oui, il y a montage, mais parce que le film est lui-même en cours de construction. De ce point de vue, le réalisateur ne nous ment pas sur la marchandise. Il aurait très bien pu nous faire croire à un pseudo reportage en "direct" en y incluant du montage. 

 

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Non seulement c'est bien fait, mais en plus c'est didactique. En effet, les principes économiques abordés nous sont expliqués de manière très simple par Joseph Klein à l'aide de dessins animés et de caricatures. La force du film se situe à ce niveau. Le réalisateur parvient à nous intégrer totalement dans son film, tout en nous laissant une certaine liberté de mouvement et de compréhension. D'un certain côté, nous devenons nous-même acteur du film par l'intermédiaire de la caméra qui pourrait s'apparenter à notre oeil de spectateur. Le rôle de Joseph Klein n'est pas seulement celui de témoin, mais également celui d'un interlocuteur, d'un alter-égo qui ose bousculer, poser des questions qui dérangent afin de mieux renvoyer Ganiant dans ses propres retranchements. Personne ne dénonce personne, c'est la nature des personnages via la présence de la caméra qui permet une révélation de la véritable facette des gens.

 

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Au final, que retenir de ce film? Les situations sont cocasses, l'effet de mise en scène est plutôt réussi et le sujet du film n'est pas un prétexte pour dénoncer à outrance la société actuelle. Il met cartes sur table sans trop appuyé. C'est à nous, spectateur, de faire notre propre jugement. Les acteurs sont très bons. Il n'y en pas un qui prend le dessus sur les autres. Ils sont sur un niveau d'égalité assez impressionnant. 

 

Moi, Michel G, Milliardaire, Maître du monde est une belle surprise et une belle réussite. 

 

 

Sortie le 27 avril 2011

 

 

Note : 4,5 / 5

 

 

GOT

 

 

 


Publié dans Cinema

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