Rocky - Filmer la boxe, magnifier le corps

Publié le par GeeKonTunes

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Ce début de weekend fut marqué par ma redécouverte d'un film que j'ai toujours apprécié : Rocky. Réalisé en 1976 par John G. Advilsen et pour ceux qui ne l'aurait jamais vu, voici un petit résumé : Rocky est un trentenaire qui vit à Philadelphie de petits boulots de seconde zone. Il pratique la boxe en semi-pro. Sa vie est rythmée par le ring, le peu d'argent qu'il récolte et Adrian, une jeune femme qui travaille dans l'animalerie non loin de chez lui. Son meilleur ami, Paulie le frère d'Adrian, se tue à la tâche dans l'usine de découpage de viande de la ville. Un jour, Apollo Creed, champion du monde des Poids Lourds décide d'affronter un boxeur totalement inconnu lors d'un match de gala. Sa décision est prise. Il affrontera Rocky, l'étalon italien. D'abord réticent, Rocky finit par accepter la proposition. 

 

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Le film est intéressant à différents niveaux. Primo d'un point de vue sociologique. Nous sommes au coeur des années 1970 aux Etats-Unis en plein pendant la guerre froide. Le chômage est en forte hausse et la violence est chose récurrente dans les rues. Nixon démissionne suite au Watergate et Ford devient Président. La population est noyée dans ce brouillard politique, économique et social. Celui qui a de l'argent détient le pouvoir. L'élite pense, le peuple travaille. Le réalisateur rend tout cela fidèle et crédible à travers sa mise en scène. Filmé dans des quartiers pauvres, l'ambiance est parfaite. Point de masque ou de filtre de la réalité. Nous sommes dans du pur objet filmique.

 

Le destin de Rocky est celui du rêve américain. Partir de rien pour atteindre des sommets. Cela inclut donc un changement, une transformation du corps. Rocky va peu à peu abandonner son corps pour, grâce notamment à ses entraînements, pouvoir atteindre une nouvelle sphère corporelle. C'est également cela la boxe, c'est le conflit entre deux corps. C'est le jeu de celui qui écrasera l'autre en premier. Les corps suintent, transpirent, se frappent, se tordent. Une des plus belles séquences du film n'est pas un combat, celle de la patinoire. 

 

Rocky emmène Adrian à la patinoire lors de la soirée de Thanksgiving. Bien que l'établissement soit fermé, Rocky s'arrange pour rester dix minutes. La caméra, suit caméra épaule, les deux personnages et fait le tour de la surface. En une seule séquence, le réalisateur résume une période de vie entière. Rocky et Adrian ont désormais fait le tour de la question. Ils vont pouvoir se focaliser sur autre chose, sur leur vie. L'esprit d'Adrian ne fait plus qu'un avec le corps de Rocky. 

 

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Le combat final est formidablement bien filmé. Caméra épaule et à la manière d'un vrai match de boxe, le spectateur devient un pur témoin de ce combat de corps. Au final, le corps est totalement gonflé, mutilé (Rocky décide de se couper la paupière pour mieux voir son adversaire), c'est une rédemption. Au final, Rocky perd le combat aux points, mais c'est une victoire du corps. 

 

Petit moment de plaisir que de revoir ce film. Moi, je vais mettre mon survet' et courir un peu !

 

GOT

 

 


Publié dans Cinema

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