The Grim Reaper - A l'épreuve du temps

Publié le par GeeKonTunes

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Ce matin, nous avons du lourd. Et oui, alors que je regardais comme chaque matin les actualités sur Twitter, je suis tombé sur un court-métrage qui m'a littéralement scotché. A la base, tout part d'un post de Salomette. Cette dernière poste un lien nous permettant de découvrir son nouveau projet cinématographique. Réalisé par Kendy, le film, intitulé The Grim Reaper, raconte l'histoire d'une jeune femme dont on ne connait absolument rien, qui vient de se faire voler son coeur. Au fur et à mesure que le film se dévoile, vous voyons que nous avons faire à un film beaucoup plus subtil que ça.

 

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Le film débute par un gros plan sur l'oeil du personnage (interprétée par Salomé Lagresle). Petit à petit nous arrivons à discerner le corps en son entier. C'est à partir de cet instant que la temporalité va être remise en question. En effet, le film ne nous explique pas l'après, mais l'avant. Nous allons littéralement remonter le temps et repartir de zéro. Le réalisateur alterne les couches temporelles avec tantôt des flashbacks sur le voleur tantôt sur le personnage remontant le temps. Il crée plusieurs couches de temps à l'image d'un Christopher Nolan dans Inception. Ces bribes de souvenirs seront nécessaires à une hypothétique reconstruction coporelle. 

 

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Le climax du film se situe à la fin. Le voleur restitue le coeur à la jeune fille. Point final. Le dernier plan du film fait écho au premier. La temporalité est remise en question avec cette dernière impression. Nous sommes dans ce que nous pourrons appeler la théorie du pli. Notion chère au philosophe Gilles Deleuze, nous faisons face à une temporalité qui revient inévitablement sur elle-même. Ce n'est plus une temporalité de l'instant, mais de l'ailleurs. Concrètement, ce que regarde le personnage, c'est le hors-champs, c'est ce temps présent qui lui manque. Elle ère dans un plan qui est déjà dans le passé. Son corps est dénuée de toute vitalié. Elle revit l'instant et nous aussi par la même occasion. Ce qu'elle recherche désespérément c'est la vie qui se trouve de l'autre côté, qui n'est plus de l'ordre du filmique (dans le champ), mais extra-filmique (hors champ).

 

Entièrement filmé avec un 550D, les images sont soignées. C'est esthétique (à ne pas confondre avec esthétisme), fin et subtil. Une vraie belle découverte matinale.

 

J'ai hâte de voir la suite...

 

Le site de Salomé Lagresle : JunkFlood

 


Publié dans Cinema

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